mercredi 3 mai 2017

Nos perceptions du Myanmar en quelques lignes

1- Si tu veux faire du touring en Birmanie, prends donc ton vélo de montagne!
C'est possible de voyager au Myanmar avec un vélo de cyclotourisme, on l'a fait pendant un mois. Mais en Birmanie, soit tu as des routes asphaltées avec trop de trafic, de truck qui boucanent noire dans ta face et de symphonie de klaxons, soit tu as des routes de terres qui ressemblent plus souvent qu'autrement à une trail de quatre-roues, mais qui te font voir plein de petits villages de campagne. Donc, un vélo de montagne serait beaucoup plus approprié pour un voyage disons plus santé! Mais peut-être pas en avril... il fait un peu chaud au soleil dans les champs!

2- En vélo, c'est quand même mieux qu'en bus
A quelques reprises pendant nos dernières semaines, on a pris le bus. Une fois, entre Loikaw et Nay Pyi Daw, on a pris une ride de bus car entre les deux villes, il y a 200 km et on ne voyait pas d'hébergement à mi-chemin. On a fait le trajet de nuit, 8h pour faire 200 km dans un mini-bus, des arrêts de 30 minutes au 50 km pour refroidir les brakes avec le boyau d'arrosage. D'après moi, si le chauffeur avait pas conduit la pédale dans le fond, on aurait peut-être moins eu besoin de ces pauses.... et surtout moins mal au cœur!

Une autre fois, entre Taungû et Nyauglebin (rebaptisée Hémoglobine). On avait pas la défaite de l'hôtel, mais la journée ne se passait pas comme prévue. On devait faire 125 km. Déjà, à 6h30, il faisait environ 28 degrés, le trafic était infernal, on avait le vent dans la face, tout ce qu'on voyait c'était des champs à perte de vue et en plus on respirait la fumée des champs qui brûlaient. Bref, on se faisait chier comme jamais. Après 30 km, on c'est dit que c'en était assez. On a pris le bus et tant qu'à y être, on l'a pris pour faire un 150 km. Ça a pris 7h. Et c'était pas vraiment un bus, mais plutôt une boîte de pick-up. En fait deux boites de  pick-up, car on a évidemment changé de truck à mi-chemin! A un certain moment, on avait tous nos bagages sur nous, car on a mis 8 sacs de 150 kilos de blé d'Inde sur le toit de la boite du pick-up. On devait être 12 entassés les uns sur les autres. C'était l'enfer... les jambes écrasées, les fesses endolories par la route, les barres de métal dans le dos, j'essayais de garder le sourire. Marc qui dit : "Anne, on voit la vraie Birmanie". Pas facile!

3- Rouler sur une autoroute déserte de 20 voies, c'est possible à Nay Pyi Daw
En 2005, le président Ne Win décide de changer la capitale de ville. C'est pas entièrement étrange, ça fait un peu partie de la tradition birmane puisque historiquement, la capitale changeait en fonction du Roi. Ce qui est étrange dans ce cas ci, c'est que Ne Win a littéralement construit une nouvelle ville. Une ville immense, où chaque ministère occupe l'équivalent d'1/2 terre! Les rues ont au moins 6 voies de large. Il y a des hôtels/resort énormes, avec des terrains démesurés. Juste pour vous donner une idée, on a fait 60 km de vélo dans notre journée pour visiter la ville et c'est pas parce qu'il y avait beaucoup de chose à voir, sauf la fameuse autoroute de 20 voies! C'est fou, il y a personne. Pas de touristes, pas de fonctionnaires. Je mens. Il y a des travailleurs qui balaient les routes. C'est propre en maudit Nay Pyi Daw! On se croyait plus en Birmanie!

4- Même si le gouvernement tente de contrôler ce qui est visible aux touristes, les inégalités restent flagrantes
En interdisant l'accès à certaines régions du pays, le gouvernement cherche à cacher une partie de ses conflits internes, notamment avec les musulmans qui sont lentement exterminés dans le nord ouest du pays. Avec ses hôtels réservés aux touristes étrangers et des villes modernes comme Nay Pyi Daw, il veut nous donner une image d'un pays développé où l'on trouve tout ce dont on a besoin. Mais impossible d'occulter la pauvreté de ce peuple. Les charrues tirées par des boeufs sont très fréquentes. Ces mêmes charrues servent parfois à aller chercher l'eau au puit du village. Les rivières et canaux pollués servent de bain. Dans certains villages, l'électricité est tellement peu constante que les gens utilise encore des blocs de glace comme frigo (coupés à la scie dans le milieu de la rue). Quand tu te réveilles à 5h du matin et que tu réalises que les gens de l'hôtel dorment presque enlacés sur le plancher de la réception, tu réalises à quel point t'as de la chance. La chance d'être né dans un pays en paix. Car ce sont les guerres civiles et les gouvernements communistes qui ont ruiné le pays. En lisant un peu sur l'histoire de la Birmanie, on apprend que le pays était prospère il y a une trentaine d'années. Difficile à croire aujourd'hui.

5- Il y a des boutiques de vêtements "mode" tous les coins de rue, mais 95% de la population porte le longyi
Carreauté pour les hommes, à motifs fleuris ou ligné pour les femmes, le longyi est une sorte de jupe longue portée par au moins 95% des Birmans : jeunes, vieux, riches ou pauvres, tout le monde. Même sur les pancartes de zone scolaire les icônes portent le longyi. La jupe, qui est en fait un grand morceau de tissu cousu, s'attache à l'avant pour les hommes et sur le côté chez les femmes. Je ne connais pas la différence sur comment il s'attache pour chacun des sexes, mais visiblement ça semble moins solide chez la gente masculine. Les hommes sont toujours en train de le rattacher... peut-être au fond est-ce une façon de s'aérer le paquet? Car, il parait qu'en campagne, les hommes ne portent pas de sous-vêtement. On a d'ailleurs eu droit à tout une vue en prenant le bateau avec un ivrogne qui cantait un tant soit peu par avant en débarquant!! Il faut savoir aussi que plus on s'éloigne de la ville, plus le longyi raccourci... certains le portent même comme une couche! Le longyi, chez l'homme comme chez la femme, se porte nécessairement avec des gougounes. Il y a juste les touristes en souliers de vélo qui sont assez stupides pour se pencher pour enlever leurs souliers!  

Une autre des traditions qui distinguent la Birmanie de ses pays voisins, c'est la chique de bétel: une feuille de bétel, dans laquelle ont met une noix d'arec avec de la chaux saupoudrer de tabac. Un mélange addictif dont la majorité des hommes et quelques femmes en sont dépendantes. On le voit a leur sourire rouge sang. Pour l'avoir essayé, Marc a bien aimé l'effet un peu étourdissant de la chique, mais l'idée d'avoir a craché le jus rouge un peu n'importe où l'a bien gardé de répéter l'expérience!

6- Un pays à visiter

Même si on ne l'aura pas toujours eu facile, on est très heureux de notre mois passé en Birmanie (1275 km de vélo). C'est un pays magnifique. Chacun des états que nous avons visités offrent une expérience différente, des paysages uniques et partout, des gens souriants, curieux de voir des touristes s'aventurer hors du circuit traditionnel. Le pays semblent se transformer rapidement. Il y a 5 ans, il fallait tout payer en dollars américains et prévoir tout son argent avant de rentrer au pays car les guichets automatiques n'étaient pas encore arrivés. Aujourd'hui, si on est pas rendu à payer avec la carte, on peut au moins retirer un peu partout. C'est difficile de savoir comment les Birmans perçoivent l'avenir de leur pays, on était là juste un mois et on a pas trop appris la langue. Mais on peut vous dire que c'est un pays qui vaut le détour, ne serait-ce que pour vivre la vie simple et sans prétention d'un peuple qui conserve encore ses traditions.

Pour bien cerner une population: la traverse d'écoliers

Marc qui adopte le style.
Le traffic ce matin..

Enfin la campagne!

Bon les fameux ponts de l'arrière pays, ça devrait être mieux en ville.. 

Ok je pense qu'on peut pas avoir pire là!

aah..come on!

On retourne en ville, les vélo attachés avec soins

Oups! petit accrochage.. mais le mécano coûte 4$/hr

De grands espaces!

De grandes Pagodes!
Une montagne qui n'est pas à sa place

Les charmes de Yangon


Un peu moins charmant, et cette odeur..

ah! des durians..

Un bon déjeuner santé

Presque...

SVP Birmanie, un petit effort pour ta crème glacée!

La bétel c'est pas aussi bon.
Le jeu qui se joue en couche

Un haricot magique


jeudi 20 avril 2017

Rouler au Myanmar/Birmanie, pour le meilleur et pour le pire



Les règles de la Birmanie
Voyager en Birmanie est certes plus simple en 2017 qu'il y a à peine cinq ans, alors que le tourisme y était presque inexistant. Toutefois, il y a quelques règles à suivre. Juste pour entrer au pays, il faut passer par les bonnes frontières, il y a seulement quatre postes douaniers où les étrangers peuvent traverser. Plusieurs zones du pays sont soit strictement interdites aux touristes ou demandent un permis special. Le camping est interdit et vaut mieux pas penser à dormir chez l'habitant, ce serait risquer de les mettre dans le pétrin. Apparemment qu'on pourrait demander l'hospitalité aux moines dans les monastères ou encore dormir dans les postes de police, mais on a pas encore essayé. On dort donc dans les hôtels, mais n'importe lesquels. Il faut obligatoirement dormir dans les hôtels pour les étrangers, les hôtels pas chers "Burmese Only" ne te laisseront jamais entrer.

Mais il y a côté positif à cette loi : le service est impeccable. Partout, les gens sont très souriants, ils nous ouvrent la porte, apportent nos bagages à la chambre, le petit déjeuner est toujours compris et on nous le prépare parfois à l'avance si on veut quitter très tôt pour rouler l'avant midi. C'est vrai que c'est plus cher que dans les autres pays d'Asie, 35$/nuit en moyenne, comparativement à 15$ ou 20$ ailleurs, mais au moins on en a un peu plus!

Jusqu'à maintenant, la Birmanie nous offre un accueil chaleureux, même si communiquer se fait parfois difficilement. Nos apprentissages se limitent encore à "Jay zu bae" pour Merci et "Mingalarbar" pour Bonjour!

Quand faire 5 km devient une épreuve
Première journée de vélo. On s'arrête pour la dixième fois de la journée pour prendre une pause et acheter de l'eau. La jeune demoiselle du dépanneur nous offre des chaises et me fait cadeau d'une débarbouillette. Visiblement, j'ai l'air épuisé. Pas étonnant, il est 15h, il fait 42 degrés Celsius, probablement 49 ressenti sur l'asphalte. Je veux mourir. On a jamais eu aussi chaud de notre vie et on réalise que ce sera pas possible de rouler l'après-midi en Birmanie. On aurait sûrement dû se douter que ce serait un peu trop de faire 130 km avec cette chaleur, mais apparemment, il fallait qu'on roule dans le traffic, avec que très peu d'ombre sur la route, pour comprendre que c'est complètement stupide de rouler passé midi.

Ça fait que le lendemain, quand après avoir fait 60 km, dont 40 km de route de terre, de roche, de sable, de veux-tu-ben-me-dire-ce-qu'on-fait-icitte, on a pris un autobus vers midi pour faire les 50 derniers km et profiter de la piscine de notre hôtel. Excellente décision, à 17h, le thermomètre indiquait encore 42.


Bagan et ses 2 000 pagodes
Après trois journées de route depuis notre départ de Mandalay, on est finalement arrivé à Bagan, la ville des pagodes. Des pagodes, il y en a partout en Birmanie, on en a vu plusieurs à Mandalay et dans toutes les villes sur la route, mais Bagan est un véritable trésor, on y compte plus de 2 000 pagodes, dont certaines ont plus de 1 500 ans! On s'est donc promené à vélo, toujours avec une température au-dessus de 40, de pagodes en pagodes dans les petites routes de terres qui relient chacune d'entre elles. On en a visité plusieurs, c'était de loin le meilleur moyen d'avoir un peu d'ombre! On a admiré le couché de soleil en amoureux du haut d'une petite pagode. Le lendemain, j'ai regardé le levé du soleil seule, mais avec plein de touristes, du haut d'une plus haute pagode pendant que Marc réparait sa première crevaison! J'ai l'air sans coeur, mais comme on voulait partir tôt considérant qu'il faisait à peu près 32 degrés à 6h du matin, fallait être efficace, pis ça se change mal à deux un flat!

Le Festival de l'eau sur la route vers Inle Lake
Du 13 au 17 avril, pendant qu'au Québec vous vous sucrez le bec de chocolat, en Birmanie, comme dans d'autres pays d'Asie, on se "garoche" de l'eau! C'est le Festival de l'eau, Thingyan, on fête le nouvel an bouddhiste! Pendant 4 jours, c'est la fête! Le gouvernement relâche les restrictions sur les rassemblements et les jeunes Birmans peuvent s'éclater et se gâter solide en arrosant tout le monde dans la rue. Personne ne riposte, ça fait parti de la tradition!

Petit aperçu de notre expérience du Water Festival :

Jour 1
Sur la route entre Kyauk Padung et Meiktila, à 40 degrés, j'étais presque jalouse, car Marc se faisait plus arroser que moi! Je rêvais d'un sceau d'eau pour me rafraîchir!

Jour 2
On prend le slow train de Thazi à Kalaw (la ride en vélo dans les montagnes avec cette chaleur ne nous inspire pas tellement et l paraît que le voyage en slow train est fort agréable). On part de notre hôtel à 5h du matin, on a 20 km à faire pour se rendre à la gare. Les arroseurs ne sont pas encore réveillés, il fait encore noir! On prend donc le train au sec, on est heureux... jusqu'au premier arrêt. Il semble que dans les petits villages de montagnes, le gros fun, ce soit d'arroser les gens DANS le train!! On l'avait pas vu venir! On a vraiment ri! Les gens lançaient des chaudières d'eau par les fenêtres du train. Si on arrêtait plus longtemps, les gens entraient carrément dans le train avec des chaudières! On a fait une pause de 30 minutes pour le diner dans un village où le party était pogné. On a eu droit à des chaudières d'eau pendant 30 minutes. C'était le déluge. Évidemment, comme nous étions les seuls blancs dans le train, on est rapidement devenu une cible très prisée! Faut dire que les deux petites birmanes assises en face de nous ne nous aidaient pas beaucoup, elles s'en donnaient à coeur joie en gardant la fenêtre ouverte! C'était vraiment drôle! Les sièges étaient complètement imbibés, il n'y avait pas moyen de sécher, mais tout le monde garde le sourire! La dernière heure avant d'arriver à Kalaw, on avait perdu quelques degrés dans les montagnes, on trouvait qu'il faisait frette... on avait hâte d'arriver et d'être au chaud... qui l'eu cru!

Jour 3
La veille, nous avons rencontrer Joanne, une cycliste irlandaise! Comme elle se rendait elle aussi au Lac Inle, nous faisons la route avec elle. On part vers 8h, la température a chuté de plusieurs degrés, donc pas de stress pour partir à 6h. La ville est réveillée, on craint les arroseurs... mais finalement, les gens nous arrêtent pour nous offrir des jus! Chouette. On prend ensuite une route de terre qui semble en bon état et qui devrait nous mener jusqu'au lac. La journée est parfaite. C'est de loin une de plus belles journées du voyage. Les routes de terres sont praticables, on voit très bien les montagnes qui nous entourent. On ne sait pas exactement quel chemin suivre car Maps.me ne comprend pas du tout où on est! On réussi quand même à s'orienter. On croise plusieurs petits villages. Vers midi, on abouti à un monastère. Les habitants des villages voisins sont tous réunis pour partager un repas du nouvel an. Ils nous invitent. On mange un peu de riz, du poisson et des fleurs de bananiers. On prend ensuite le thé et des peanuts huileuses avec eux. Un jeune moine de 21 ans, le seul à parler anglais, vient nous voir. On échange avec lui. C'est un moment precieux, on prend tout notre temps. Notre moine fini par nous proposer de nous montrer la route pour nous rendre au lac. Il est à moto, on le suit! Juste incroyable! Le chemin nous offre une vue splendide sur le Lac Inle. On dit au revoir au moine et on entreprend la descente... un bike de montagne aurait sans doute été plus approprié, mais on s'en sort bien! On retrouve une route asphaltée qui nous mène jusqu'à notre hôtel. Tout était parfait... mais fallait pas oublier que le Festival de l'eau n'était pas encore fini! On est arrivé complètement trempé, on a eu le droit au boyau d'arrosage juste avant d'arriver à l'hôtel!


Jour 4
En gros, cette journée-là, il fait 18 degrés, il pleut, on gèle. On part en bateau sur le lac, on gèle, c'est pas possible! Les arroseurs se sont calmés... mais dès qu'un petit rayon de soleil se pointe, ils retournent à leur poste. On joue à Pacman, dès qu'on les aperçoit, on fait demi tour, on trouve des ruelles pour les éviter... Pour vrai, on commence à trouver ça moins drôle...

Jour 5???
On se lève, il pleut, encore! Le Festival de l'eau est fini, mais on va quand même être mouillés car on décide d'affronter la pluie et de partir du Lac Inle. On a vu le lac et y a pas grand chose d'autre à faire. On fait 45 km sous la pluie. Il fait froid, on est détrempés. J'ai mon nouveau poncho spécialement acheté pour ce voyage. J'avais lu sur un blog que c'était l'idéal pour les voyages à vélo. C'est son premier test, c'est un échec lamentable. Un gros zéro! Le vent pogne dans le poncho, je suis comme un gros cerf-volant, je pogne dans le vent, j'avance pas, pis l'eau entre par les côtés! Grrr... on garde le sourire! On a choisi d'être là! Vers 11h, j'exige une pause! On arrête se réchauffer dans un petit resto, juste le temps que la pluie arrête. Joie. On repart, on fait 15 km sur une jolie route dans une vallée, pas de traffic, vue sur les montagnes. On feel le parfait bonheur. Pis, bang, plus d'asphalte. C'était trop beau pour être vrai! On fait 50 km sur une route de merde! On roule 12-14 km/h. Je fais à mon tour ma première crevaison. Une chance que le décor est beau! On fini par retrouver l'asphalte. Il est 16h30, le soleil se couche vers 18h. On choisi d'aller a un hôtel qui est à 17km plutôt que de se rendre à Loikaw, notre objectif initial. Mais quand on arrive là où devrait être l'hôtel, ben y'a rien. Faux. Il y a des gens qui ont pas compris que le Festival de l'eau était fini et qui s'en donnent à coeur joie sur les deux tatas en vélo!  Il est rendu presque 18h, le soleil descend à l'horizon, on est encore mouillés et on est à 30 km de l'hôtel le plus proche! On s'ennuie de notre tente qu'on a retourné au Québec il y a 10 jours! On garde le moral, on s'aime, on met nos lumières sur nos bikes, pis on roule jusqu'à Loikaw! On se perd dans les rues, car évidemment elles ne sont pas éclairées et vers 20h, on fini par trouver un hôtel! Et maudit qu'on haïs le Festival de l'Eau!!




On aura fait un petit 700 km en Birmanie depuis Mandalay jusqu'à Loikaw, mais un record de chemin en terre battue! La suite de la Birmanie très bientôt!
L'endroit où aller pour recevoir des cadeaux d'hirondelles

Crème solaire locale (thanaka)

On croyait être sorti de la Thaïlande..

Scène quotidienne

Notre petite Pagode à Bagan (on gagne du Mérite!)

Après on se demande pourquoi les trains sentent l'humidité..

Tout est meilleur servi dans un sac, y compris le café

Les foulards sont plus large ici

Notre première journée de pluie à vélo!

Après la pluie la garnotte

Mandalay



Caprice de ti-gars

Bouddha #465321 

La plaine des pagodes à Bagan

Une tite-teter au Mont Popa

vendredi 14 avril 2017

9 jours de vacances et une journée d'enfer en Thaïlande

Après le Vietnam et le Laos, arriver en Thaïlande, c'est un peu comme faire un saut 20 ou 30 ans en avant. Bienvenue dans le pays des 7 Eleven à air climatisée, des Thaï massages, des cafés tous les coins de rue, des hôtels avec piscine et des food trucks  à volonté (c'est pas vraiment des trucks, mais vous comprenez le concept!).  On se sent presqu'à  la maison, mais sans l'hiver! Bon, pas exactement, c'est encore l'Asie. Il y a des scooters rien qu'en masse, ça se promène à deux, trois ou quatre dessus, pas de casque évidemment. Les temples dorés, les bouddhas assis, couchés ou debout, ne ressemblent en rien à nos églises. Les "Night Market", le meilleur endroit pour un bon souper pas cher ne passeraient jamais aucune norme de salubrité. Mais on y trouve un certain confort. Et on est pas les seuls à trouver cela. En 2016, 32 millions de touristes visitaient la Thaïlande. On peut comprendre pourquoi, car si on la compare à ses voisins, la Thaïlande est riche et offre tout ce que veulent les touristes à faible coût. On peut facilement manger un pad thaï digne de ce nom pour 60 baths (2,25$) et se loger pour moins de 15$/nuit. La bière est par contre plus chère qu'au Laos, mais on parle ici de 4$ pour une grosse Singha (un prix élevé supposément pour réduire l'alcoolisme!).

Direction le Nord
Après avoir bien profité de la piscine de notre premier guesthouse après la frontière du Laos, on a décidé de faire une boucle par le nord avant de prendre la direction de Chiang Mai. J'avais lu sur les internet que le petit village de Mae Salong valait le détour. On savait que la montée ne serait pas facile, mais ce petit village de chinois m'intriguait. On est donc parti vers le Nord. La route nous a permis de passer par le fameux Triangle d'Or, là où le Mekong trace les frontières du Laos, de la Birmanie et de la Thaïlande. Un territoire où le pavot poussent très bien et où l'opium a fait bien des ravages. On a d'ailleurs profité de notre passage dans le coin pour visiter le Hall of Opium. Un musée construit par la défunte reine dans le but de sensibiliser le public aux conséquences graves de la consommation d'opium, mais aussi pour nous montrer comment ça se consomme... instructif!

Le lendemain, c'était LA journée vers Mae Salong. On est parti tôt, on avait une quarantaine de kilomètres à rouler dans les champs avant d'arriver aux montagnes, je veux dire aux murs! Comme je le disais, Mae Salong est un village chinois. En fait, ce sont des soldats anti-communistes qui se sont réfugiés en Birmanie après la révolution en 1949. Le gouvernement Birman ne voyant pas d'un bon œil qu'une force armée soit sur son territoire, a tenté (difficilement) de les chasser. Une bonne partie du régiment s'est réfugiée à Taiwan alors que d'autres ont opté pour le nord de la Thaïlande, créant avec le gouvernement thaï un accord: ils pouvaient garder le territoire en échange de défendre le nord du pays contre d'éventuelles menaces communistes.

Bref, j'aurais dû me douter que lorsque le gouvernement Thaï donne un territoire à des Chinois, il y a quelque chose de louche! 790 mètres de dénivelé sur 20 km, c'est complètement débile... surtout  quand tu traines facilement 20 livres de trop dans tes sacoches! Point positif de la journée, les nuages étaient de la partie. On a donc souffert uniquement de l'effort! Et on a eu droit à un tolé d'applaudissements de la part des touristes qui nous ont vu donner tout ce qu'il nous restait de force pour monter la dernière côte qui menait à notre hôtel! Intense, mais tellement satisfaisant de se dire qu'on l'a fait!

Repartir de Mae Salong ne s'est pas fait sans peine non plus, mais c'était un dernier petit effort avant de descendre dans le fond de la vallée qui mène tranquillement vers Chiang Mai. C'est dans cette vallée qu'on a fait un petit tour au Erotic Garden. Une visite très comique qui nous a permis de prendre de pleins de photos d'obsédés. mais surtout de rencontrer Katay, la propriétaire, pour qui tout dans la nature a un côté érotique. Une femme passionnée qui fait bien des curieux et qui a dû expliquer aux policiers l'objectif de son entreprise, qui est réellement un jardin! Puis, question de se gâter un peu, on a fait une nuit dans un resort à Chiang Dao. Bungalow, souper avec des repas du night market et baignade avant la nuit. La vie est belle!

Dell nous accueille à Chiang Mai
Warm Shower, le réseau social de cyclistes, est très peu populaire en Asie, mais on a pris une chance et on a écrit à Dell. Un cycliste de Liverpool qui vie en Thaïlande depuis sept ans. Dell nous a accueilli à bras ouverts, trop content de jaser vélo et de nous raconter de bonnes anecdotes de ses années en Chine. On a même eu droit à une tour privé en vélo jusqu'au parc National de Doi Suthep-Pui. Quoi de mieux qu'une balade du dimanche sans se casser la tête et sans bagages! Bonheur! Merci Dell!

C'est aussi à Chiang Mai qu'on a fêté les 35 ans de Marc. Son cadeau : nous gâter... again! Petit déjeuner au Overstand, resto tendance touriste, mais les oeufs sur pain au levain, parmesan et chorizo avait l'air si bon et le latte était parfait. Ensuite, marche jusqu'au temple Wat Phra Singh, puis un Thaï Massage. Apéro dans un bar aux allures de ruines et souper avec Dell au resto belge du coin. Son gâteau de fête : Eurocake et crème glacée! :)


Bangkok, vite fait, bien fait
Après trois jours à Chiang Mai, on a pris le train de nuit pour Bangkok. Objectif principal : prendre notre avion en direction de Mandalay au Myanmar. Objectifs secondaires : faire des provisions de barres d'énergie, envoyer le matériel de camping qu'on utilise pas au Québec, trouver des boîtes pour les vélos et faire un peu de sight seeing! Mission accomplie. On a tout fait ça en deux jours. On a même eu le temps de faire comme 100 000 Chinois en visitant le Palais Royal, habillés en clown parce qu'on avait oublié de porter des pantalons. Notre coup de coeur de Bangkok : Bang Kachao, un petit coin de jungle en plein coeur de la ville où on s'est rendu en vélo puis en bateau. Un territoire peu développé où on se promène dans une forêt luxuriante, au-dessus des marais, sur des trottoirs en béton a 1 mètre du sol. Pas de voiture, quelques vélos et scooter seulement. Un endroit fascinant, qui nous a fait oublier le temps d'un avant-midi, la circulation intense et la vie qui va trop vite de Bangkok!


Départ pour la Birmanie

Après 475 km pour cette première partie de la Thaïlande, on s'est envolé pour la Birmanie le 5 avril. On quittait notre confort thaï pour s'aventurer dans un pays où la dictature militaire marxiste qui a régné  de 1962 à 1988, a largement freiné, voir fait reculé, le développement. Plus accessible aux touristes depuis moins de cinq ans, la Birmanie n'a rien à voir avec son pays voisin, mais elle mérite le détour! Je vous en dirai plus dans notre prochain billet.



Enfin un bain!
Le triangle d'inox
Il nous manque le Myanmar!
L'épreuve
Presqu' arrivé..peut-être
Vu d'en haut, c'était pas si pire!
Bike crew à Chiang Mai
Pantalon de clown, temple proof
Bain de touristes chinois
Mauvaise Gauche..
35 lbs de vêtement d'Anne en direction du Canada!
;)



lundi 27 mars 2017

Kop Chai Laos (Merci Laos)

Notre escale au Laos est déjà terminée. Quinze jours, 910 km de vélo, une bonne vingtaine de Noodle Soup et au moins trois motels miteux plus tard, nous quittons ce pays qui nous a tant charmé.

Après notre traversée en slowboat jusqu'à PakBeng, nous avons pris la route vers Luang Namtha. Une route très peu fréquentée par les touristes puisque tous ceux qui passent par PakBeng ne font qu'un arrêt pour la nuit avant de continuer leur route sur le Mékong, aucun bus ne passe par là. Nous avons découvert un visage encore plus rural du Laos. Des champs de melon d'eau, des plantations de bananes, des petits villages avec des maisons sur pilotis construites en bambou, des arbres aux fleurs fushia. Des dizaines d'enfants dans les rues, accourant vers nous, abandonnant quelques instants leur jeu (qui parfois est de jouer avec les cochons), pour nous dire leur plus beau des "Saibaidee". Certains courent avec nous sur quelques mètres, d'autres nous tapent dans les mains. Ici, contrairement au Vietnam, on n'a eu droit à aucun "Fuck you"... seulement quelques "Thank you". On ne s'en plaindra pas.

Sur cette route, comme sur plusieurs autres, nous nous sommes arrêtés dîner dans un petit village. Dans un petit restaurant/casse-croûte/cuisine familiale où personne ne nous comprends. Mais où l'on peut, le temps d'une Noodle Soup, partager le quotidien des gens chez qui nous sommes simplement de passage. Comme un dimanche matin, où la propriétaire du "resto", qui doit se dépêcher à se préparer pour un mariage, repasse son chemisier en soutien-gorge sur la même table où nous mangeons. Ou la fois où nous assistons au terrible karaoké de la gang de jeunes qui s'est sauvée du mariage. Ce sont des petits moments ordinaires, mais qui nous donnent réellement l'impression de connaitre un peu plus le "vrai" Laos.

C'est aussi en passant la nuit dans des petites places comme Nateuy, village de travailleurs chinois à quelques km de la frontière chinoise où l'on s'est arrêté avant d'arriver à Luang Namtha, que l'on découvre les motels de trucker laotiens... mettons  qu'il faut pas trop que tu sois regardant! C'est pas cher, mais ça vaut pas cher non plus... Comme dirait Marc : "Un peu de fierté quand t'as un motel, il me semble que ça leur ferait pas de tord!" Matelas aussi dur qu'une planche de bois, draps tachés, murs ni peints ni lavés depuis bel lurette, salle de bain pas mieux que les murs, et pour couronner le tout, une toilette turque! Je plains un peu rien ici, on avait une couette avec des coeurs, la suite nuptiale quoi!

Une première débarque, mais rien de cassé
La journée où on s'est rendu à Nateuy, on avait un petit dénivelé de 500 mètres sur 85 km. Un peu difficile par moment à cause de la chaleur et de la fumée des champs qui brûlent, mais ça allait. Ça allait particulièrement bien dans les descentes. Surtout pour Marc qui est toujours pas mal devant, en montée, comme en descente... jusqu'à ce qu'il pogne un dégât d'huile à moteur dans un virage! Résultat : une belle glissade sur le dos et la hanche à 40 km/hr! Ouch! Heureusement, ses talents de cascadeurs lui ont permis de s'en tirer avec plus de peur que de mal, juste une belle grosse égratignure sur la hanche gauche. Ah oui, et depuis ce temps, c'est drôle, mais j'arrive un peu plus à le suivre dans les descentes... pour les montées, ça reste une autre histoire!

De retour sur les sentiers battus
Comme on reste de vrais touristes, même si on sort un peu des chemins battus, on a fait un arrêt dans la ville de Luang Namtha, pour dormir dans un guesthouse qui a de l'allure, mais surtout pour faire un trek dans le parc national de Nam Ha avec un guide, trois cuisiniers et six autres touristes! Car avoir un parc national au Laos ne veut pas dire avoir des sentiers identifiés pour te guider jusqu'au sommet d'une montagne! T'as besoin d'un guide... sûrement pas pour les bêtes sauvages, elles ont toutes été chassées, mais pour être certain de trouver ton chemin! On a donc fait comme tout le monde, on a payé pour un tour de deux jours et une nuit en camping dans la jungle. On a eu droit a un super BBQ de poissons (que le guide a emporté vivants dans un sac de plastique jusqu'au diner), on a mangé du sticky rice trois fois par jour, on a découvert plusieurs plantes médicinales, gouté à plein de racines et autres fleurs qui se mangent. Des fois c'était bon, d'autres fois non. On a marché lentement pour pas se péter la  gueule sur les feuilles mortes accumulées dans les sentiers. On a espéré voir une chute, mais la saison sèche a eu raison de cette dernière. On aura quand même eu l'occasion de voir des arbres assez impressionnants! Bref, un petit trek relax pour changer le mal de place, c'était super!

Direction la frontière
Après ces deux jours de repos, il nous restait 175 km avant de nous rendre au Friendship Bridge 4 pour traverser la frontière. Juste un peu trop pour le faire en une journée. Le hic, c'est qu'entre Luang Namtha et la frontière, il n'y a pas grand chose. Je veux dire pas tellement d'endroits où passer la nuit. L'application Maps.me nous indiquait un Dormitory au 105e km. Évidemment, pas de review pour nous donner des infos sur l'endroit, mais on s'est dit qu'on avait vu le pire à  Nateuy. À 17 h, après une  bonne journée remplies de quelques très bonnes côtes (Marc dit merci au camion qui roulait assez lentement pour qu'il s'y accroche sur quelques centaines de mètres), un arrêt dans les  grottes les plus profondes qu'on a jamais vu, on arrive enfin au fameux Dormitory. De l'extérieur ça ressemble à Nateuy. On se dit que ça devrait aller. Un travailleur qui loue une chambre au mois nous dit que c'est "correct". Ça nous rassure un peu. Pendant que l'on attend que le gars trouve la clé de la chambre, question qu'on voit de quoi ça a l'air, le soleil descend et nos chances de trouver une autre option diminue... On se croise les doigts... On se dit que ça peut pas être pire que Nateuy. Erreur! C'était dégueulasse. Pas de douche, pas de lavabo, un tuyau qui tient au mur par la peau des fesses, c'est tout. Fallait même pas penser à l'eau chaude. Le matelas de six pouces devait avoir 40 ans. Rendu là, on avait pas trop de choix... faire 50 km en vélo le soir quand il y a aucun lampadaire, c'est pas vraiment une option!  On va faire avec pis on va utiliser nos petits draps! Et puis, c'est pour une seule nuit, car le lendemain, il ne nous restait que 70 km pour arriver en Thaïlande!

Cela dit, on a pas moins aimé le Laos pour autant! Au contraire, même si ce fut bref, on gardera de bons souvenirs et peut-être même une cicatrice sur une fesse! Kop Chai Laos!

Nos montures au carwash, pour une deuxième fois.

Le One Hit Wonder du graphiste de BeerLao

Souvenir du Laos..

Des bananes pré-emballées!

Snack de Taverne

La suite Nuptiale..
Préparation du BBQ de poissons.

Le diner est servi


Fin du trek

Nuage artificiel

Karaoke en soupant

Soupe/Salade

Byebye Laos!