jeudi 20 avril 2017

Rouler au Myanmar/Birmanie, pour le meilleur et pour le pire



Les règles de la Birmanie
Voyager en Birmanie est certes plus simple en 2017 qu'il y a à peine cinq ans, alors que le tourisme y était presque inexistant. Toutefois, il y a quelques règles à suivre. Juste pour entrer au pays, il faut passer par les bonnes frontières, il y a seulement quatre postes douaniers où les étrangers peuvent traverser. Plusieurs zones du pays sont soit strictement interdites aux touristes ou demandent un permis special. Le camping est interdit et vaut mieux pas penser à dormir chez l'habitant, ce serait risquer de les mettre dans le pétrin. Apparemment qu'on pourrait demander l'hospitalité aux moines dans les monastères ou encore dormir dans les postes de police, mais on a pas encore essayé. On dort donc dans les hôtels, mais n'importe lesquels. Il faut obligatoirement dormir dans les hôtels pour les étrangers, les hôtels pas chers "Burmese Only" ne te laisseront jamais entrer.

Mais il y a côté positif à cette loi : le service est impeccable. Partout, les gens sont très souriants, ils nous ouvrent la porte, apportent nos bagages à la chambre, le petit déjeuner est toujours compris et on nous le prépare parfois à l'avance si on veut quitter très tôt pour rouler l'avant midi. C'est vrai que c'est plus cher que dans les autres pays d'Asie, 35$/nuit en moyenne, comparativement à 15$ ou 20$ ailleurs, mais au moins on en a un peu plus!

Jusqu'à maintenant, la Birmanie nous offre un accueil chaleureux, même si communiquer se fait parfois difficilement. Nos apprentissages se limitent encore à "Jay zu bae" pour Merci et "Mingalarbar" pour Bonjour!

Quand faire 5 km devient une épreuve
Première journée de vélo. On s'arrête pour la dixième fois de la journée pour prendre une pause et acheter de l'eau. La jeune demoiselle du dépanneur nous offre des chaises et me fait cadeau d'une débarbouillette. Visiblement, j'ai l'air épuisé. Pas étonnant, il est 15h, il fait 42 degrés Celsius, probablement 49 ressenti sur l'asphalte. Je veux mourir. On a jamais eu aussi chaud de notre vie et on réalise que ce sera pas possible de rouler l'après-midi en Birmanie. On aurait sûrement dû se douter que ce serait un peu trop de faire 130 km avec cette chaleur, mais apparemment, il fallait qu'on roule dans le traffic, avec que très peu d'ombre sur la route, pour comprendre que c'est complètement stupide de rouler passé midi.

Ça fait que le lendemain, quand après avoir fait 60 km, dont 40 km de route de terre, de roche, de sable, de veux-tu-ben-me-dire-ce-qu'on-fait-icitte, on a pris un autobus vers midi pour faire les 50 derniers km et profiter de la piscine de notre hôtel. Excellente décision, à 17h, le thermomètre indiquait encore 42.


Bagan et ses 2 000 pagodes
Après trois journées de route depuis notre départ de Mandalay, on est finalement arrivé à Bagan, la ville des pagodes. Des pagodes, il y en a partout en Birmanie, on en a vu plusieurs à Mandalay et dans toutes les villes sur la route, mais Bagan est un véritable trésor, on y compte plus de 2 000 pagodes, dont certaines ont plus de 1 500 ans! On s'est donc promené à vélo, toujours avec une température au-dessus de 40, de pagodes en pagodes dans les petites routes de terres qui relient chacune d'entre elles. On en a visité plusieurs, c'était de loin le meilleur moyen d'avoir un peu d'ombre! On a admiré le couché de soleil en amoureux du haut d'une petite pagode. Le lendemain, j'ai regardé le levé du soleil seule, mais avec plein de touristes, du haut d'une plus haute pagode pendant que Marc réparait sa première crevaison! J'ai l'air sans coeur, mais comme on voulait partir tôt considérant qu'il faisait à peu près 32 degrés à 6h du matin, fallait être efficace, pis ça se change mal à deux un flat!

Le Festival de l'eau sur la route vers Inle Lake
Du 13 au 17 avril, pendant qu'au Québec vous vous sucrez le bec de chocolat, en Birmanie, comme dans d'autres pays d'Asie, on se "garoche" de l'eau! C'est le Festival de l'eau, Thingyan, on fête le nouvel an bouddhiste! Pendant 4 jours, c'est la fête! Le gouvernement relâche les restrictions sur les rassemblements et les jeunes Birmans peuvent s'éclater et se gâter solide en arrosant tout le monde dans la rue. Personne ne riposte, ça fait parti de la tradition!

Petit aperçu de notre expérience du Water Festival :

Jour 1
Sur la route entre Kyauk Padung et Meiktila, à 40 degrés, j'étais presque jalouse, car Marc se faisait plus arroser que moi! Je rêvais d'un sceau d'eau pour me rafraîchir!

Jour 2
On prend le slow train de Thazi à Kalaw (la ride en vélo dans les montagnes avec cette chaleur ne nous inspire pas tellement et l paraît que le voyage en slow train est fort agréable). On part de notre hôtel à 5h du matin, on a 20 km à faire pour se rendre à la gare. Les arroseurs ne sont pas encore réveillés, il fait encore noir! On prend donc le train au sec, on est heureux... jusqu'au premier arrêt. Il semble que dans les petits villages de montagnes, le gros fun, ce soit d'arroser les gens DANS le train!! On l'avait pas vu venir! On a vraiment ri! Les gens lançaient des chaudières d'eau par les fenêtres du train. Si on arrêtait plus longtemps, les gens entraient carrément dans le train avec des chaudières! On a fait une pause de 30 minutes pour le diner dans un village où le party était pogné. On a eu droit à des chaudières d'eau pendant 30 minutes. C'était le déluge. Évidemment, comme nous étions les seuls blancs dans le train, on est rapidement devenu une cible très prisée! Faut dire que les deux petites birmanes assises en face de nous ne nous aidaient pas beaucoup, elles s'en donnaient à coeur joie en gardant la fenêtre ouverte! C'était vraiment drôle! Les sièges étaient complètement imbibés, il n'y avait pas moyen de sécher, mais tout le monde garde le sourire! La dernière heure avant d'arriver à Kalaw, on avait perdu quelques degrés dans les montagnes, on trouvait qu'il faisait frette... on avait hâte d'arriver et d'être au chaud... qui l'eu cru!

Jour 3
La veille, nous avons rencontrer Joanne, une cycliste irlandaise! Comme elle se rendait elle aussi au Lac Inle, nous faisons la route avec elle. On part vers 8h, la température a chuté de plusieurs degrés, donc pas de stress pour partir à 6h. La ville est réveillée, on craint les arroseurs... mais finalement, les gens nous arrêtent pour nous offrir des jus! Chouette. On prend ensuite une route de terre qui semble en bon état et qui devrait nous mener jusqu'au lac. La journée est parfaite. C'est de loin une de plus belles journées du voyage. Les routes de terres sont praticables, on voit très bien les montagnes qui nous entourent. On ne sait pas exactement quel chemin suivre car Maps.me ne comprend pas du tout où on est! On réussi quand même à s'orienter. On croise plusieurs petits villages. Vers midi, on abouti à un monastère. Les habitants des villages voisins sont tous réunis pour partager un repas du nouvel an. Ils nous invitent. On mange un peu de riz, du poisson et des fleurs de bananiers. On prend ensuite le thé et des peanuts huileuses avec eux. Un jeune moine de 21 ans, le seul à parler anglais, vient nous voir. On échange avec lui. C'est un moment precieux, on prend tout notre temps. Notre moine fini par nous proposer de nous montrer la route pour nous rendre au lac. Il est à moto, on le suit! Juste incroyable! Le chemin nous offre une vue splendide sur le Lac Inle. On dit au revoir au moine et on entreprend la descente... un bike de montagne aurait sans doute été plus approprié, mais on s'en sort bien! On retrouve une route asphaltée qui nous mène jusqu'à notre hôtel. Tout était parfait... mais fallait pas oublier que le Festival de l'eau n'était pas encore fini! On est arrivé complètement trempé, on a eu le droit au boyau d'arrosage juste avant d'arriver à l'hôtel!


Jour 4
En gros, cette journée-là, il fait 18 degrés, il pleut, on gèle. On part en bateau sur le lac, on gèle, c'est pas possible! Les arroseurs se sont calmés... mais dès qu'un petit rayon de soleil se pointe, ils retournent à leur poste. On joue à Pacman, dès qu'on les aperçoit, on fait demi tour, on trouve des ruelles pour les éviter... Pour vrai, on commence à trouver ça moins drôle...

Jour 5???
On se lève, il pleut, encore! Le Festival de l'eau est fini, mais on va quand même être mouillés car on décide d'affronter la pluie et de partir du Lac Inle. On a vu le lac et y a pas grand chose d'autre à faire. On fait 45 km sous la pluie. Il fait froid, on est détrempés. J'ai mon nouveau poncho spécialement acheté pour ce voyage. J'avais lu sur un blog que c'était l'idéal pour les voyages à vélo. C'est son premier test, c'est un échec lamentable. Un gros zéro! Le vent pogne dans le poncho, je suis comme un gros cerf-volant, je pogne dans le vent, j'avance pas, pis l'eau entre par les côtés! Grrr... on garde le sourire! On a choisi d'être là! Vers 11h, j'exige une pause! On arrête se réchauffer dans un petit resto, juste le temps que la pluie arrête. Joie. On repart, on fait 15 km sur une jolie route dans une vallée, pas de traffic, vue sur les montagnes. On feel le parfait bonheur. Pis, bang, plus d'asphalte. C'était trop beau pour être vrai! On fait 50 km sur une route de merde! On roule 12-14 km/h. Je fais à mon tour ma première crevaison. Une chance que le décor est beau! On fini par retrouver l'asphalte. Il est 16h30, le soleil se couche vers 18h. On choisi d'aller a un hôtel qui est à 17km plutôt que de se rendre à Loikaw, notre objectif initial. Mais quand on arrive là où devrait être l'hôtel, ben y'a rien. Faux. Il y a des gens qui ont pas compris que le Festival de l'eau était fini et qui s'en donnent à coeur joie sur les deux tatas en vélo!  Il est rendu presque 18h, le soleil descend à l'horizon, on est encore mouillés et on est à 30 km de l'hôtel le plus proche! On s'ennuie de notre tente qu'on a retourné au Québec il y a 10 jours! On garde le moral, on s'aime, on met nos lumières sur nos bikes, pis on roule jusqu'à Loikaw! On se perd dans les rues, car évidemment elles ne sont pas éclairées et vers 20h, on fini par trouver un hôtel! Et maudit qu'on haïs le Festival de l'Eau!!




On aura fait un petit 700 km en Birmanie depuis Mandalay jusqu'à Loikaw, mais un record de chemin en terre battue! La suite de la Birmanie très bientôt!
L'endroit où aller pour recevoir des cadeaux d'hirondelles

Crème solaire locale (thanaka)

On croyait être sorti de la Thaïlande..

Scène quotidienne

Notre petite Pagode à Bagan (on gagne du Mérite!)

Après on se demande pourquoi les trains sentent l'humidité..

Tout est meilleur servi dans un sac, y compris le café

Les foulards sont plus large ici

Notre première journée de pluie à vélo!

Après la pluie la garnotte

Mandalay



Caprice de ti-gars

Bouddha #465321 

La plaine des pagodes à Bagan

Une tite-teter au Mont Popa

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